Page de démarrage sans publicité : ce qu'il faut vérifier
Une page de démarrage occupe une position particulière : elle s'ouvre à chaque lancement du navigateur et connaît la liste complète des sites qui comptent pour vous. Avant d'en adopter une, la question à poser n'est pas « est-elle jolie ? » mais « comment gagne-t-elle de l'argent ? » — la réponse détermine tout le reste.
Pourquoi ce choix mérite plus d'attention qu'il n'y paraît
La liste de vos favoris est une donnée dense. Elle dit votre employeur, vos outils de travail, votre banque, vos centres d'intérêt, parfois votre santé ou vos opinions. Une page de démarrage y a accès par construction, et elle sait en plus lesquels vous ouvrez et à quelle fréquence.
Ce n'est pas une raison de s'en passer — c'est une raison de regarder de près à qui on la confie. Les six points ci-dessous se vérifient en dix minutes, avant de créer un compte.
Les six points à vérifier
1. Le modèle économique est-il annoncé clairement ?
Un service gratuit a des coûts. S'il n'affiche ni publicité, ni offre payante, ni financement, la question reste ouverte — et une question ouverte sur ce sujet est en soi une réponse. Un modèle sain est explicite : gratuit avec des quotas et une offre payante qui lève ces quotas, ou payant d'emblée.
2. Que dit la politique de confidentialité sur les tiers ?
Cherchez les termes « partenaires », « tiers », « à des fins de personnalisation publicitaire ». L'absence de publicité affichée n'exclut pas la transmission de données à des tiers. Un engagement utile est formulé négativement et sans échappatoire : aucune revente, aucun partage à des fins publicitaires.
3. L'export est-il possible, et dans quel format ?
C'est le point le plus concret. Un service qui exporte vos liens dans un format standard — le HTML des favoris de navigateur — vous laisse partir. Un service qui n'exporte pas, ou seulement dans un format propriétaire, vous retient par la seule perspective de tout ressaisir. Vérifiez-le avant d'investir des heures de rangement.
4. Faut-il installer une extension ?
Une extension de navigateur dispose de permissions étendues, souvent bien au-delà de la page de démarrage elle-même : lecture de l'historique, accès au contenu des pages visitées. Une application web accessible par une simple URL, définie comme page d'accueil dans les paramètres du navigateur, n'a besoin d'aucune de ces permissions.
5. Comment se fait l'authentification ?
Une connexion déléguée — OAuth via un compte Google, Microsoft ou Apple — signifie qu'aucun mot de passe n'est stocké par le service : une fuite de sa base de données n'expose aucun identifiant réutilisable ailleurs. À défaut, vérifiez au minimum la présence d'une authentification à deux facteurs.
6. Quelle mesure d'audience est en place ?
Mesurer l'usage d'un service est légitime. Ce qui distingue les approches, c'est l'outil et son réglage : une solution auto-hébergée avec anonymisation des adresses IP reste sous le contrôle de l'éditeur, là où une régie tierce croise vos visites avec le reste de votre navigation.
Où se situe MyHome
Pour répondre aux six points dans l'ordre, et sans détour :
- Modèle — gratuit avec des quotas annoncés, et une offre Premium à venir qui lèvera ces quotas. Pendant la bêta ouverte, aucun quota ne s'applique.
- Tiers — aucune publicité et aucune revente de données.
- Export — au format HTML standard des favoris, à tout moment.
- Extension — aucune : c'est une application web à définir comme page d'accueil.
- Authentification — OAuth via compte Google, aucun mot de passe stocké.
- Audience — Matomo, avec anonymisation des adresses IP.
Ces critères ne sont pas propres à MyHome : appliquez-les à n'importe quel service concurrent, y compris pour vérifier ce qui est écrit ici.